“Alexandra Mascolo-David est
une pianiste superbe, raffinée, minutieuse et
expressive, avec un style chargé d’émotions
et de détails interprétatifs. Lors de son
récital à la Galerie d’Art Corcoran,
elle a interprété un programme comportant
de petits bijoux musicaux méconnus. Le concert était
intimement lié avec l’exposition de la galerie,
intitulé “À la limite: un portugais
futuriste – Amadeo de Souza Cardoso”. En
jouant la “Petite suite” d’António
Fragoso, Mascolo-David a connecté le peintre au
compositeur qui, comme son concitoyen contemporain, a
vécu à Paris, a été bercé par
les tendances d’art moderne et est mort jeune.
Fragoso n’était pas un compositeur original,
mais il était fluide dans un style impressionniste,
rapellant la houle qui se brise doucement dans une ambiance
brumeuse. Le dernier mouvement de la “Petite suite” est
une dance à trois temps, que Mascolo-David a amené à un
climat puissant; cela ressemblait à un sillon
de lumière dans un monde plus concret et émotionnellement
stable.
Cette cadence en trois temps a été le
dénominateur commun qui a lié ce morceau
de musique au groupe de pièces, peu connues du
publique, qui a suivi; deux groupes de valses très
originales et caractéristiques de Francisco Mignone,
compositeur productif brésilien, mort en 1986.
Les dix valses de son programme avaient un doux lyrisme
italien, accouplées à des pulsations de
rythmes latins, de sentiments d’improvisation et
d’une large tolérance pour rubato. Elles
sont passé d’humeurs nerveuses (N° 11), à des
humeurs reposantes (N° 12), parfois profondément
sexy (N° 14, pratiquement une habanera), ou encore
bouillonnantes. Mascolo-David a enregistré un
disque complet des valses de Mignone, avec une sortie
prévue pour plus tard dans l’année.
Ce disque sera certainement révélateur.
Ses petites mains n’ont pas entravé sa
vaporeuse et nuancée interprétation de
la Sonate pour piano de Janacek. Pour l’opus 57
de Chopin, la “Berceuse”, et plusieures valses
et études, elle a créé un parallélisme
entre Fragoso et Mignone qui n’a pas souffert en
comparaison”.
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